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Plus de trois ans d'existence et une fréquentation toujours en hausse, n'est-ce pas formidable ? De temps en temps certains me demandent pourquoi je n'écris pas plus souvent de nouveaux articles... Le temps me manque, malheureusement ! Je privilégie le temps à passer sur le terrain pour pouvoir prendre des photos.
J'ai d'ailleurs mis en ligne en ligne récemment mon tout nouveau site web de photographies naturalistes :
www.patricktrecul-photo.com
Si vous souhaitez voir plus de photos ou consulter mes prises de vues les plus récentes n'hésitez pas à y faire un détour !

A très vite !

Patrick TRECUL


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Dimanche 10 juin 2007

 

De cet oiseau merveilleux nous n’avons souvent que la vision d’un éclair bleu filant à toute vitesse à la surface de la rivière ou de l’étang. Parfois il faut même simplement se contenter de son cri strident, un petit sifflement métallique qu’il pousse lorsqu’il passe en rase-mottes sous la frondaison des arbres de la rive opposé, sans qu’on réussisse à le voir…
 
 Sacré Martin-pêcheur ! Avec des couleurs aussi éclatantes il ne devrait pas passer inaperçu, et pourtant… Malgré son dos bleu turquoise, son ventre roux orangé et son joli masque blanc pour mettre en valeur son poignard de bec, c’est que le bougre est discret !
Les gens s’imaginent souvent un gros oiseau lorsqu’ils imaginent M. Martin, mais c’est en fait une toute petite boule de plume mesurant 16 à 17 cm du bout de la queue à la pointe du bec. Pas évident à repérer donc dans la végétation qui borde le cours d’eau.
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Deux astuces toutefois pour l’observer plus facilement…
 
Le roi pêcheur…
 
« Kingfisher », c’est son nom anglais, et on ne pourrait pas mieux le désigner ! Martin est un pêcheur redoutable… Une fois qu’il a élu domicile sur une surface d’eau propre et poissonneuse, Martin s’empresse de repérer un perchoir surplombant une lame d’eau peu profonde où les poissons sont abondants, il en fait son perchoir favori et avec un peu de discrétion vous pourrez alors l’observer exercer ses fabuleux talents. Lorsqu’un poissonet a le malheur de passer sous son perchoir, Martin plonge la tête la première dans l’eau où il harponne avec précision sa proie. Il est bien rare qu’il rate son gibier, et ce prodige n’est possible que grâce  à une particularité anatomique astucieuse : son œil est muni d’une double paupière dont la première, translucide, lui permet de voir sous l’eau, un peu comme des lunettes de plongée…
Une fois le poisson harponné il remonte sur son perchoir et l’assomme avant de l’ingurgiter.
La chair est digérée mais les écailles et les arrêtes sont en revanche trop indigestes pour lui et plusieurs fois par jour il est obligé d’expulser une petite pelote de réjection blanchâtre pour évacuer ces éléments encombrants.
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Ce perchoir de pêche lui sert aussi de site de toilettage, car Martin est coquet et il nettoie régulièrement son plumage après avoir plongé, ce toilettage l’occupe d’ailleurs souvent plusieurs heures par jour…
 
Perpétuer l’espèce…
 
Un autre moyen pour observer aisément M. et Mme Martin c’est de repérer leur nid… A quoi ça ressemble un nid de martins-pêcheurs me direz-vous ? Et bien c’est un petit terrier creusé dans une berge abrupte. La femelle y pond ses 6 ou 7 œufs qui seront couvés à tour de rôle par les deux parents. Mais avant cela M. Martin (partie inférieure du bec noir) aura du séduire Mme Martin (partie inférieure du bac orange) grâce à une longue au cours de laquelle il se seront livrés à de vrais raids aériens (qui feraient d’ailleurs pâlir de jalousie la patrouille de France) et en lui faisant des offrandes de poissons frais.
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Après éclosion les petits sont alimentés par les deux parents qui leur apportent des proies de plus en plus importantes au fur et à mesure de leur croissance (jusqu’à 13 cm à la fin !!!). Les petits s’envolent et sont autonomes au bout d’un mois. La période de nidification s’étalant d’avril à juillet, les parents peuvent souvent faire une deuxième, voire même une troisième couvée…
 
Et trois couvées ce n’est pas de trop quand on sait à quel point la dégradation générale des milieux aquatique mène la vide dure aux Rois pêcheur : pollutions, canalisation des rivières, drainage, introduction d’espèces piscivores invasives… Tout cela entraîne d’année en année une diminution du nombre de couples de Martin-pêcheurs dans nos régions, quel dommage de savoir ce bel oiseau menacé par notre faute. Espérons que son statut d’espèce protégée et son magnifique plumage permettront à la population et aux autorités de prendre vraiment conscience de la valeur des milieux aquatiques, qui abritent un nombre indéfinissable d’espèces animales et végétales toutes aussi dignes d’intérêt les unes que les autres…
 
 
Remerciements : Vous constaterez que pour la première fois sur ce blog, toutes les photos ne sont pas de moi. En effet les photos de l’accouplement et de la pelote de réjection sont de mon ami Matthieu Gastinois. Les deux autres sont de moi mais je les lui doit entièrement puisque c’est lui qui a fait le repérage et mis en place, avec un autre jeune ami photographe, l’affût à partir duquel ont été pris tous ces clichés. Les discussions que nous avons pu avoir tous les trois suite à nos séries de photos depuis l’affût m’ont aussi beaucoup appris sur ce fabuleux oiseau. Merci donc Matthieu, en espérant avoir d’autres contributions de ta part sur ce blog un jour prochain !

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Par PATRICK TRECUL - Publié dans : articles faune
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